Mercredi 22 avril 2009

C’est la somme totale, en dollars, débloquée jusqu’à présent par les pays riches pour le renflouage de leurs banques et les bénéfices de leurs actionnaires.

Avec cette somme, il serait possible de mettre fin à la pauvreté dans le monde durant cinquante ans. Mais çà, il n’en est pas question, pour les pauvres, les caisses sont vides…

 

(Sources : Oxfam France, Agir ici)

Par Fleur bleue - Publié dans : Actualités - Communauté : Rassemblement de gauche...
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Lundi 20 avril 2009

Des jonquilles éclosent 

Et bordent de jaune

La Ligonne paresseuse

 

Une rafale de vent

Vieillit la douce rivière

En rides concentriques

 

Je lis un poème

À l’auditoire attentif

Ma voix est fragile

 

Un nuage tout noir

Dôme au-dessus des têtes

Nous accompagne

 

Nos pas s’impriment

Et marquent le sol herbeux

Dans le pré fleuri

 

Par Fleur bleue - Publié dans : Poésie - Communauté : papierlibre
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Dimanche 19 avril 2009

J’ai parcouru des lieux étranges et vénéneux, vêtu de toile blanche. À l’aube, j’ai fait pousser des fleurs multicolores dans les jardins du diable et j’ai noyé mes poux dans tous les fleuves des Enfers.

J’ai crié dans les déserts profonds où ne poussait que du sable. J’ai virevolté et j’ai fait volte face. J’ai vertiginé dans des fonds notablement abyssaux, j’y ai vu des notables abyssins vêtus de pourpoints d’or et de soie.

Et je suis resté sur mon quant-à-soi.

J’ai plané dans le vide sidéral entre les mondes où tu n’étais pas. J’ai surfé sur les anneaux de Saturne et respiré les miasmes délétères de Jupiter. Alors je suis revenu parmi les miens.

Par Fleur bleue - Publié dans : Textes - Communauté : L'âme du poète
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Lundi 13 avril 2009

Monsieur le directeur,

 Vous avez bien voulu me faire l’honneur d’une réponse, et je vous en remercie.

Vous confirmez que je toucherai au premier trimestre 2009 un montant strictement identique à celui du premier trimestre 2008.

Si l’on considère que l’inflation est de 0,8 % en 2008, qu’elle est en réalité de 2,76 % en moyenne, car elle a fluctué dans l’année, alors il s’agit bien d’une régression de mon pouvoir d’achat !

En outre, si cette régression n’est pas plus importante, c’est que (vous avez la candeur de le dire…) j’ai eu droit à une augmentation de 1 % de la sécurité sociale et 1,3 % des régimes complémentaires, Air Liquide n’y étant strictement pour rien. Aveu révélateur !

Par contre, il aurait été intéressant de dialoguer, ce que vous ne souhaitez manifestement pas, sur les origines de la crise, de ceux qui en sont responsables, et des recettes qui sont appliquées pour la résoudre.

On aurait pu parler des déséquilibres mondiaux, du déficit colossal des États-Unis, qui vivent sur le dos du reste de la planète, de la part décroissante des salaires au profit … des profits !

On aurait pu aborder aussi le problème des paradis fiscaux (qui n’existent plus, m’a-t-on dit ?) où Air Liquide possède plusieurs comptes.

Les soi-disant experts, ceux-là même qui n’ont rien vu venir, nous promettent une sortie rapide de la crise, permettez-moi d’en douter. Quant à moraliser ou refonder le capitalisme, il n’y a aucune chance d’y parvenir, car on a redonné aux renards la clef des poulaillers…

Je vous prie de croire, Monsieur le directeur, à mes salutations aussi distinguées que les vôtres sont sincères.

 

 

 

Par Fleur bleue - Publié dans : Actualités - Communauté : Rassemblement de gauche...
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Lundi 6 avril 2009

J’ai participé à un concours de nouvelles policières, proposé par l’ABLF dans le cadre d’un autre concours « classé polar ».

Voici la nouvelle que j’ai envoyée :


                                                              VICTOR ET LE COUPE-PAPIER

C’était en février, je m’en souviens. Un jeudi matin. Le ciel était clair, un froid vif enserrait dans sa poigne la ville d’Ambert et ses habitants.

De maigres silhouettes filaient rapidement dans la rue, comme des ombres, allant vers quelque mystérieuse destination. Seule, la vapeur blanche de leur respiration  montrait qu’ils n’étaient pas des zombies. Mes pas crissaient sur le sol gelé tandis que je marchais vers la médiathèque. Dans le parc prolongeant le tribunal, les arbres givrés, lugubres et décharnés, offraient cependant des reflets cristallins aux rares passants. Moi, j’allais fouiner à la bibliothèque, pour tâcher de me dégotter un bouquin original, science-fiction ou polar, de préférence.

Après avoir salué les bibliothécaires souriantes de la médiathèque « Alexandre Vialatte », je montais à l’étage.

C’est là que j’ai rencontré Victor. Il stationnait debout, immobile, dans les rayons marqués « Romans policiers ». Vêtu d’un vieux costume croisé, sans cravate, il sortait quelques ouvrages, les feuilletait, lisait la quatrième de couverture, l’air absorbé. Je le voyais à contre-jour, une couronne de cheveux fins comme des fils de la vierge lui faisait presque une auréole. Ses yeux gris-bleu couraient rapidement de page en page. Sa chemise ouverte laissait voir le début d’une cicatrice, à la base du cou.

Dans un premier temps, nous nous sommes souri et salués, petite connivence entre amateurs, puis nous avons parlé polar, évidemment, enfin nous avons élargi le dialogue et confronté nos opinions sur la littérature en général. Je sentais une empathie naissante, qui n’allait pas tarder à devenir sympathie. Je ressentais littéralement les idées, les sentiments qu’il exprimait, je pouvais presque finir ses phrases avant qu’il ait conclu.

Quittant la bibliothèque d’un commun accord, nous sommes allés prendre un verre au café restaurant « La Fontaine », celui qui fait le coin de la rue, en haut du marché.

Quand nous fûmes attablés devant nos consommations, moi une bière (qu’elle était froide !) lui un café, il me dit :

 

-« Vous savez, je reviens au livre, mais pendant longtemps je n’ai plus voulu en toucher un, surtout les polars, j’étais complètement dégoûté. Et voulez-vous connaître la raison de cette longue interruption ? »

 

-« Pas vraiment , dis-je, mais vous allez   quand même me l’expliquer, j’imagine…».

 

Et il me raconta son histoire, que je vous relate ici aussi fidèlement que possible.

 

 

 

 

 

 

J’ai longtemps  tenu une petite librairie dans la ville du Puy-en-Velay, en Haute Loire. Je m’étais plus ou moins spécialisé dans la vente et l’édition de  polars dont je raffolais à l’époque. Mes parents (ils sont décédés dans un accident de la circulation) m’ont légué une somme rondelette, ce qui m’a permis d’acheter ce fonds et d’être également un éditeur local de ce genre d’ouvrage, les polars, je veux dire.

Établi dans un quartier piétonnier, où circulent beaucoup de touristes, je voyais du monde, je vendais mes bouquins, j’en éditais quelques-uns, lorsque j’avais le coup de cœur pour un manuscrit amené par un jeune auteur échevelé, j’étais heureux, quoi…

Un jour, un homme entra dans mon magasin, portant  sous le bras un gros paquet de feuilles imprimées. Grand, maigre, le regard brillant, l’air très sûr de lui.

 

-«  Bonjour,  je m’appelle Amédée. Je viens d’écrire un roman policier qui devrait vous plaire.     Il sort de l’ordinaire, il est bien écrit, contrairement à ceux que vous vendez, où approximations, barbarismes, et autres solécismes abondent, malheureusement, et où expressions argotiques, truismes, poncifs éculés fleurissent,  si j’ose dire, à toutes les pages ! »

 

Un peu estomaqué par le culot de cet énergumène, je le priai néanmoins de me suivre dans la pièce où j’avais mon bureau, et le fis s’asseoir afin qu’il me confie son manuscrit, en lui disant :

 

-«  Partez vous balader dans la ville, elle en vaut la peine, et revenez dans une heure et demie, le temps pour moi de lire votre production, je vous dirai ensuite ce que j’en pense.

 Allez donc voir le rocher Corneille et sa magnifique statue de la vierge Marie, peinte en rouge, ou la cathédrale Notre-Dame du Puy. Vous aurez largement de quoi satisfaire votre curiosité !»

 

Dès qu’il fut parti, je jetai un coup d’œil à la dernière page, un peu comme les lecteurs pressés ou impatients qui veulent savoir « comment ça finit », et je lus le dernier paragraphe :

 

« …Les doigts crispés sur le manche, il leva le bras et l’abattit violemment en direction de mon torse. J’essayai de le repousser, le souffle court, mais sans y parvenir vraiment. La lame pénétra dans mes chairs, le sang giclait à chaque battement. Je réussis enfin à crier, d’un ton rauque mais parfaitement audible. Il essaya encore de me frapper, une flamme dans les yeux, levant très haut le bras. »

 

In petto, je me dis :

 

-« Bon sang, c’est pas mal tourné, ça ! quoique cela finisse un peu en queue de poisson, mais enfin, il faut lire le reste en tout cas. »

 

Je m’absorbai dans ma lecture. C’était effectivement bien écrit, l’homme avait du style, du vocabulaire, une bonne maîtrise de la langue. L’embêtant, c’est que sa pensée s’égarait parfois, ne suivant pas une trame bien précise.

Il partait souvent dans des digressions dont on voyait mal ce qu’elles faisaient là. Par exemple, il citait la mairesse d’une commune, puis partait en guerre contre les journaux, les médias, et tous ceux en général qui écrivaient la « maire ».au lieu de la « mairesse ».

« La maire ? Et puis quoi, encore ! On me dit que le mot « mairesse » est péjoratif, qu’il s’agit de la femme du maire ! Est-ce que l’ânesse n’est que la « femme » de l’âne ? ou la tigresse celle du tigre?

À ce compte, on devrait dire la prince, la duche, la suisse, la prêtre, la diable ! Imaginez un peu : la prince a annoncé sa grosse à la maître avec beaucoup de délicate !

 

Ou bien il fulminait contre les clichés à la mode qui l’insupportaient, et lui arrachaient des cris d’indignation : un président bling-bling, par exemple, ou la fameuse cerise sur le gâteau, devenue le dessert obligé (j’en ai marre de cette cerise ! J’en ai une indigestion) ou encore un mano a mano entre deux sportifs, (dans le sens d’un coude à coude ? Ou un numéro de main à main ? Un bras de fer ? D’où sort cette expression ?) etc.

Il paraissait avoir un compte à régler avec ceux qui étaient les gardiens, en quelque sorte, du bien parler. Il constatait que les journalistes, notamment, se laissaient aller paresseusement à l’affadissement de la langue française.

Il théorisait même sur l’entropie du langage actuel, calquée sur le deuxième principe de la thermodynamique de Carnot !

Bien entendu, j’étais un peu d’accord avec lui, regrettant les glissements de sens de certains mots entendus à la radio ou la télé, bluffer dans le sens d’épater, alors qu’il a normalement le sens de tromper, l’utilisation abusive de « trop » à la place de « très », copiant la mode jeune, et bien d’autres laisser-aller coupables, mais qu’avaient à faire là de telles assertions ? Ses furieuses diatribes cassaient le fil de son roman, son unité, et c’était bien dommage.

J’étais un peu surpris qu’un homme de cette qualité littéraire perde aussi vite le fil de son discours pour chevaucher un dada qui semblait le mettre hors de lui…

J’en étais là de mes réflexions, lorsque la sonnette du magasin retentit, et je vis bientôt Amédée apparaître dans l’encadrement de la porte de mon petit bureau.

 

-«  Eh ! bien, cher monsieur, avez-vous terminé votre lecture ? Et comment avez-vous apprécié mon œuvre ? Très bien, j’espère ? Moi je suis fier du résultat.»

 

-« Monsieur, heu… Amédée, j’ai lu votre texte, effectivement. Je dois dire qu’il est assez bien écrit, encore que quelques lacunes ou certaines maladresses seraient à revoir, sans doute.

Mais ce qui est plus gênant, c’est la trame de votre roman, qui s’égare parfois dans des considérations qui n’ont rien à y faire. »

 

-« Comment ? Vous osez critiquer mon roman ? Vous n’êtes pas convaincu par mes capacités littéraires ? Par la qualité de mon écriture ? Par mon style, ma maîtrise et mes idées ? »

 

La colère enlaidissait ses traits. Cet homme, malgré des qualités indéniables, celles de quelqu’un qui a fait ses « humanités » et est devenu, de ce fait, cultivé, ce qu’on appelait jadis un « honnête homme », semblait quelque peu déséquilibré, et je devrais y aller avec précaution pour atténuer sa déception.

 

-« Cher monsieur Amédée, vous avez des dispositions, c’est bien évident. Vous avez un joli style, un bon bagage intellectuel, mais ce n’est pas suffisant pour écrire un polar.

Pour faire un bon roman policier, il faut une histoire, du suspense, des rebondissements, des personnages… Écrire bien, comme vous dites, ne peut pas remplacer tout cela. Essayez plutôt le pamphlet, la satire sociale, que sais-je encore… »

 

-«  Mais dois-je vous rappeler ce qu’écrivait Sir Arthur Conan Doyle, un maître en la matière ? Il disait, je cite ‘’ le reproche que je fais aux romans policiers, est qu’ils ne font appel qu’à un certain registre de notre imagination – l’invention de l’intrigue – au détriment de la peinture des personnages’’, et moi je dépeins des personnages ! Je leur donne de l’épaisseur, de la densité ! J’ai un style puissant et efficace ! Je suis un grand écrivain !»

 

-«  Mais si Conan Doyle a écrit cela, le contré-je, c’est sans doute qu’il était un peu vexé que ses nouvelles policières aient eu plus de succès que ses romans historiques ! »

 

Tandis que j’argumentais, je voyais son regard s’assombrir de plus en plus, et sa respiration s’accélérer. Cet homme un peu mégalo n’écoutait pas mes paroles (peut-être ne les entendait-il pas non plus ?). Persuadé d’être un génie méconnu, il était sourd à toute critique et s’échauffait de plus en plus.

Soudain, au comble de la rage, il s’empara d’un coupe-papier, sur mon bureau, et …

 

… Les doigts crispés sur le manche, il leva le bras et l’abattis violemment en direction de mon torse. J’essayai de le repousser, le souffle court, mais sans y parvenir vraiment. La lame pénétra dans mes chairs, le sang gicla à chaque battement. Je réussis enfin à crier, d’un ton rauque mais parfaitement audible. Il essaya encore de me frapper, une flamme dans les yeux, levant très haut le bras. »

 

Je n’ai dû mon salut qu’à l’arrivée de deux  passants qui , ayant entendu mes cris, l’ont ceinturé et ont appelé les gendarmes. On a appris, par la suite, qu’il avait été soigné à plusieurs reprises en psychiatrie. C’était un homme très intelligent, cultivé mais … un peu dérangé, malheureusement.

 

ã ã ã ã ã

 

 

-« Vous comprenez, maintenant, pourquoi j’ai été longtemps dégoûté du polar ? Pourquoi j’ai abandonné ma petite librairie et arrêté de lire ? »

 

 Il resta un moment songeur, caressant du bout des doigts sa cicatrice violette, devant son café qui refroidissait.

 

 -« Ce qui m’a fait peur, c’est l’imbrication totale, la confusion entre la fiction et la réalité, ce vertige affolant qui m’a fait croire que tout allait se répéter à nouveau, vous savez, comme ce procédé graphique ou littéraire, que l’on appelle mise en abyme, qui consiste à reproduire une scène à l’infini : une vache qui montre un camembert sur lequel il y a une vache qui montre un camembert sur lequel…Ou encore un peintre qui peint sur le dos d’un peintre qui peint sur le dos d’un peintre qui…Alors j’ai décidé de rompre ce cycle infernal, cette spirale démoniaque, peu importe ce qu’il m’en coûtera… »

 

Une larme perla dans ses yeux, roula sur sa joue, tandis qu’il sortait de sa poche un mince coupe-papier et…

 

« …Les doigts crispés sur le manche, il leva le bras et l’abattis violemment en direction de mon torse. J’essayai de le repousser, le souffle court, mais sans y parvenir vraiment. La lame pénétra dans mes chairs, le sang giclait à chaque battement. Je réussis enfin à crier, d’un ton rauque mais parfaitement audible. Il essaya encore de me frapper, une flamme dans les yeux, levant très haut le bras. »

 

 

Un voile brouilla ma vision et je … Aaahhh !

 

 

 

 

 

… Plus tard, bien plus tard, après qu’on m’eut ramassé, ensanglanté, et soigné à l’hôpital d’Ambert, qui n’était pas encore fermé, à l’époque, je me suis remis doucement de cette aventure.

Depuis ce jour, je n’ai plus envie de lire des polars, je déteste les polars, je hais les polars, j’exècre, j’abomine les polars, et surtout, surtout, je cherche Victor, un coupe-papier dans la poche, pour :

 

… Les doigts crispés sur le manche, lever le bras et l’abattre violemment en direction de son torse. Il essayera de me repousser, le souffle court, mais sans y parvenir vraiment. La lame pénétrera dans ses chairs, le sang giclera à chaque battement.... »…

 

Par Fleur bleue - Publié dans : Textes - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Vendredi 3 avril 2009

Les 20 pays les plus riches (voir photo jointe) ont décidé de « moraliser » le capitalisme qui règne sur les 172 autres en pillant leurs ressources. Ils ont fait une liste, très courte, des paradis fiscaux, et vont injecter 5 000 milliards de dollars dans l’économie d’ici à 2010.

Comme ils disent tous que les caisses sont vides, et comme ils ne veulent pas ponctionner les riches, devinez qui va payer ?

La société où j’ai travaillé pour pas cher pendant 44 ans a envoyé un courrier à tous ses retraités pour leur annoncer la non revalorisation qu’elle leur verse en complément.

Je leur ai répondu ce qui suit (et j’espère que d’autres retraités lui écriront aussi.)

 

Monsieur le directeur,

 

J’ai bien reçu votre courrier, daté du 11 mars 2009, nous annonçant le gel des salaires et des pensions pour 2009, et intitulé par anti-phrase « revalorisation de vos ressources. » Mais quoi de plus normal, dans notre société où la novlangue d’Orwell se pare des oripeaux d’une publicité à la fois intrusive et euphémisante : on appelle « modernisation » les atteintes aux services publics, « réformes » les retours 50 ans en arrière, plans « sociaux » les mises à la porte collectives, et « revalorisation » l’érosion de nos ressources.

Vous prétendez que ces mesures seront bénéfiques pour le groupe Air Liquide. Je suis sûr au contraire qu’affaiblir la consommation en général ne pourra qu’attiser une concurrence effrénée et une pression accrue sur la seule variable d’ajustement : les salariés et les retraités, amenant un rétrécissement des débouchés et un approfondissement de la crise.

D’autre part, vous faites l’impasse sur les responsables de cette crise. Il ne s’agit pas là d’un cataclysme naturel, devant lequel nous devrions faire l’union sacrée en courbant le dos, mais de décisions humaines.

Cette crise est nourrie par la rapacité des prédateurs qui pillent les ressources de tous les pays au profit d’une minorité de gros possédants et au détriment des salariés, selon ce que certains appellent « l’effet Matthieu* ».

Vous me demandez de comprendre votre décision:mais j’ai compris depuis longtemps ! Seulement je n’approuve pas du tout cette démarche.

Ma réponse vous paraîtra ringarde, il est de bon ton de se moquer des discours proposant un autre type d’économie, qui serait cette fois au service des hommes.

Je ne pense pas que vous publierez ma réponse dans vos brochures, ou alors vous m’étonneriez et vous auriez beaucoup d’humour !

J’enverrai donc ce courrier à des publications amies, à mon syndicat, et probablement le mettrai-je sur mon blog.

Je vous prie de croire, monsieur le directeur, à ma considération distinguée.

 

Gérard Paturaud, retraité Air Liquide

 

* Effet Matthieu : selon l’Évangile, « à celui qui a, il sera beaucoup donné et il vivra dans l’abondance, mais à celui qui n’a rien, il sera tout pris, même ce qu’il possédait. » (Matthieu, XXV-28-29)


Par Fleur bleue - Publié dans : Economie - Communauté : Rassemblement de gauche...
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Vendredi 3 avril 2009

Il y a pire que de braquer une banque
c'est d'en fonder une.
                                                                                                          Berthold Brecht

Par Fleur bleue - Publié dans : le mot du jour - Communauté : Rassemblement de gauche...
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Samedi 28 mars 2009

Le parfum des mots

Se hume mieux

Sur les lèvres

Qui savent bien les dire

                                                  Louis Savary, mots de passe
Par Fleur bleue - Publié dans : Poésie
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Mardi 24 mars 2009

Pour le blog « papier libre », Juliette nous a proposé d’écrire un texte d’après le premier vers d’un poète hindou, Kabir : « En toi est le jardin des fleurs »

Ça m’a rappelé un vieux souvenir…


Je me souviens de cet éloignement à Orthez, l’année de mes 40 ans, dans une maison de repos, pour tenter d’oublier une dépression qui m’avait conduit au bord du suicide.

Nous étions quelques uns, hommes et femmes, en train de nous reconstruire après des maladies sévères ou des déboires sentimentaux.

J’étais venu te voir dans ta chambre, Solange, car tu y restais enfermée, refusant de voir qui que ce soit, corps menu martyrisé par l’anorexie.

Tu étais couchée, entourée de fleurs que tu avais disposées sur ton lit, seul rempart contre le désespoir.

Et je t’ai dit : -« tu es le jardin des fleurs »

Un sourire a lentement fleuri sur tes lèvres, éclaboussant de joie ton visage.

Et puis, tu t’es levée, frêle orchidée, et tu m’as embrassé. Tu étais revenue parmi les vivants.

 

 

Par Fleur bleue - Publié dans : Textes - Communauté : papierlibre
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Dimanche 22 mars 2009

Il y a quand même quelque chose qui commence à me « gonfler » sérieusement, il faut que je vous dise cela, au risque de me fâcher avec mes amies :

J’en ai marre de lire  auteure, metteure en scène, professeure, écrivaine, parfois avec le E final en lettre capitale !

Martyriser la langue française ne fait pas avancer d’un pouce (d’une phalange ?) la parité ou le féminisme.

Dans certains écrits (surtout de gauche…) on peut lire élu-e-s, adhérent-e-s, syndiqué-e-s, ils et elles, chacun, chacune, ce qui rend la lecture difficile aussi bien pour les hommes que pour les femmes.

Si je comprends bien le sens de la démarche (redonner toute l’importance qu’elles méritent à nos chères compagnes) le résultat écrit est particulièrement atroce.

Imaginons, s’il fallait réécrire la chanson de Piaf, les amants d’un jour :

 

LES AMANTS / AMANTES D’UN JOUR / D’UNE JOURNÉE

 

Il et elle sont arrivé-e-s
Se tenant par la main / le bras
L'air émerveillé
De deux chérubin / chérubine
Portant le soleil / la clarté
Il et elle ont demandé
D'une voix / d’un ton tranquille
Un toit / une toiture pour s'aimer elle et lui
Au coeur de la ville / du bourg
Et je me rappelle
Qu'il et elle ont regardé
D'un air / d’une mine attendri-e
La chambre / le logis d'hôtel / d’auberge
Au papier / à la tenture jauni-e …

Par Fleur bleue - Publié dans : Langue - Communauté : Rassemblement de gauche...
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C'est quoi, ce blog

Vous trouverez ici un jugement (très) sévère sur ceux qui nous gouvernent, et sur les médias qui manquent (souvent) d’impertinence à leur égard. C’est que je suis lucide et sans illusion sur la nature humaine. Mais vous trouverez aussi de la beauté et de la poésie, car je suis un incorrigible optimiste et plein d’illusions sur la nature humaine… (paradoxe ? où ça ?)

Laissez un commentaire : s’il est gentil et flagorneur, cela flattera mon ego, s’il est critique, ça me forcera à m’améliorer. Dans les deux cas, vous aurez fait une bonne action Gérard.

Je me présente

Citations poétiques


De mes grandes douleurs, j'ai fait mes petites chansons. Henri Heine

cit. économiques

On ne fait pas la guerre pour se débarrasser de la guerre. Jean Jaurès.

Il n’est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Périclès

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