Dimanche 19 août 2007 7 19 /08 /Août /2007 09:08
Voici un petit texte, récupéré sur Internet pendant la grande bataille des jeunes (et des moins jeunes...) contre le néfaste projet du duo Villepin / Sarkozy en 2005,  le trop fameux Contrat Première Embauche.
Je n'ai malheureusement pas noté l'auteur, qu'il soit ici remercié pour son oeuvre !
Cette satire, d'après Saint-Exupéry, est hélas !, toujours d’actualité !


-   « Bonjour », dit le petit prince.
-   «  Bonjour, » dit le ministre le plus important. 
-   « Que fais-tu ? » demanda le petit prince.
-   «  Je construis un modèle social. Je brade les entreprises publiques ou les noie dans un conglomérat privé, je supprime les contrats à durée indéterminée, j'invente les contrats nouvelle embauche et première embauche et je réduis les impôts des riches pour qu'ils emploient les pauvres comme domestiques. Parce qu'il y a beaucoup de chômage. »

Et, sur l'écran de l'ordinateur du ministre, se dessina une courbe de croissance des dividendes.

-   «  C'est la courbe du chômage ? »  demanda le petit prince.

-   «   Non. Enfin, oui, c'est pareil. Le chômage et les profits, ça va ensemble. »

-    «  Pourquoi ? » s'obstina le petit prince qui ne renonçait jamais à une question. « Les chômeurs perçoivent des dividendes ? »

-    «  Ah non, les dividendes sont pour les actionnaires qui peuvent acheter d'autres actions qui leur servent à recevoir d'autres dividendes, et ainsi de suite. Ça s'appelle l'accumulation. Tu ne connais donc pas ça sur ta planète ? » demanda le ministre, soudain l'air intéressé.

-    «  Sur l'étoile où j'habite, rien ne se vend, rien ne s'achète. Chacun rend des services gratuitement. »

Le ministre demanda un instant. Il téléphona et, peu après, un monsieur bien mis et une dame avec de la prestance les rejoignirent. S'adressant à eux, le ministre leur dit :

-     « Il existe une étoile non marchande. Pouvez-vous y apporter le progrès ? »

-     « Oui, » répondit le monsieur bien mis. « Mais, auparavant, il faut écrire une directive libéralisant le commerce des services entre les planètes. »

-    «  Les habitants de mon étoile refuseront de renoncer à leurs services et de voir leur travail méprisé, » objecta le petit prince.

-    «  La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » interrogea la dame, faussement ingénue.

Sentant les choses mal tourner, le ministre, patelin, dit au petit prince :

 -    «  Donnez-nous l'adresse de votre étoile. Le capital ne fera qu'une visite de reconnaissance, car lui seul a la liberté totale de circuler. »

-    «  Sur mon étoile, l'eau du puits est gratuite et elle coule sans l'aide du capital, » s'entêta le petit prince.

Mais, déjà, les autres étaient partis, emportant avec eux la position de l'astre encore inviolé. Le petit prince, étonné que l'on pût rêver d'une étoile pour autre chose que la lueur de son réverbère et la douceur de ses fleurs, reprit sa marche et rencontra le renard.

-    «  Tous les hommes sont-ils comme le ministre important, le monsieur bien mis et la dame fière ? » lui demanda le petit prince.

-    «  Non, » répondit le renard. « Mais plus les marchands marchandisent, plus le lien social se distend et la solidarité se dissout dans l'appât du gain. Un modèle chasse l'autre. »

-    «  Je ne comprends rien à votre histoire de modèles, » rétorqua le petit prince, très en colère.  « Pour avoir autant de chômeurs et de précaires, souffrez-vous de trop ou de pas assez de solidarité ? »

-    «  Modèle est un mot magique. Tu crois qu'il désigne ce qui est bon pour tous, ce qui est un bien commun à préserver et même à étendre. En fait, il désigne aussi n'importe quelle organisation existante, même catastrophique pour les plus humbles. »

-    « Votre modèle est encore plus compliqué que la fleur de mon étoile qui a des épines, » murmura le petit prince.

-    «  Tu n'as pas vu le pire. Car il y a des experts du déclin qui expliquent que le modèle catastrophique est venu à cause d'un trop bon modèle antérieur et qu'il y a du chômage parce que nous ne travaillons pas assez longtemps. Nous n'avons plus de réverbères mais nous avons de puissants projecteurs médiatiques aveuglants qui sont tournés vers les miettes laissées aux pauvres, laissant dans l'ombre l'opulence, le luxe et le gaspillage. »

  « Comment s'appelle votre modèle ? » demanda le petit prince, au comble de la perplexité.

-   «  Capitalisme. Ça veut dire : modèle qui marchandise tout au nom de la mise en valeur. »

-    « Valeur, c'est comme modèle, vous m'embrouillez avec vos mots à double sens. N'y a-t-il donc personne pour s'insurger contre cette marchandisation des choses et des relations et contre cette perversion des mots ? »

-    « Oh, si. Mais combattre le modèle capitaliste suppose de réunir plusieurs conditions : mettre fin à la propriété qui autorise tous les accaparements dont celle des biens communs, placer ceux-ci hors marché, réconcilier progrès social et écologie et garantir que ces décisions soient prises démocratiquement. On essaie d'apprivoiser toutes ces choses ensemble pour en faire un réel anticapitalisme. »

-    « Qu'est-ce que signifie apprivoiser ? »

 -    «  Ça signifie créer des liens. On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, » dit le renard. « Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. »

Par Gérard
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Dimanche 19 août 2007 7 19 /08 /Août /2007 08:26

C'est au début du mois de mai 2004, quelques jours après mon 65ème anniversaire, que l'on m'a ouvert le ventre pour m'enlever un bout de colon abîmé par le crabe, ainsi que l'ampoule vésicale, enfin tout le dernier morceau de la tuyauterie, quoi. On m'a ensuite recousu le trou de balle, qui ne servait plus à rien, et on m'a fait une dérivation (une stomie, en terme technique) qui débouche sur le ventre. Je suis maintenant un kangourou (je porte une poche...)
On s'habitue à tout, faut croire.
Cela m'a inspiré un poème, vous voyez bien que tout peut prêter à sourire, à la joie et la tendresse !


Le ventre ouvert Fleur-bleue.jpg

Comment écrire un poème,

Comment écrire des vers

A la femme que j’aime

Avec le ventre ouvert ?

 

La veille, c’était hier,

Je cherchais déjà

Des mots délicats

Malgré mon ventre ouvert…

 

Trouver maintenant

Les doux mots d’espoir,

Les mots charmants,

Les mots tendres du soir,

 

Te dire que tout va bien

Nos deux cœurs à l’unisson

Ensemble, le tien et le mien,

Comme deux hérissons.

 

Ça pique bien à l’extérieur

Parfois ça fait mal,

Mais ça m’est bien égal

C’est doux à l’intérieur.

 

Et puis, solitaire,

Aveugle et sourd,

J’ai eu le ventre ouvert

Et j’ai gardé mes mots d’amour.

 

Aujourd’hui tu es là

Je vois la vie en vert

Tu es auprès de moi

Je t’aime à cœur ouvert…

 

 

Par Gérard
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Samedi 18 août 2007 6 18 /08 /Août /2007 19:06

Balade en forêt

L’oiseau d’impatience

aile barbare

picore le silence

mes pas étourdis

allument un incendie

de feuilles vertes brunes

ocres rouges mortes

dans la forêt qui s’éveille

et s’émerveille

s’il y avait des fleurs

comme elles seraient belles !

s’il y avait des nénuphars

ils seraient ombrelles...

le vent cotonneux

de novembre

tousse comme un catarrheux

parfum de gingembre

des gouttes de pluie

et de brouillard mêlées

sont les notes

d’une flûte de Pan

qui sifflote

Ah ! Si j’étais poète 
quel joli poème je ferais

de cette balade en forêt !

 



Fleur inconnue

Dans la rougeoyante

Lumière

Crépusculaire Rose.gif

Ses pétales sont des joues

Prêtes aux baisers

Ses feuilles smaragdines

Une forêt

De bras maigres

Etreignant du soir

Le ciel rubescent

Et cette fleur est si belle

Que le ciel pleure

Des larmes de sang






Ce matin j’ai regardé

Vers le ciel d’opale.

Ta main, sur l’oreiller

Frémissait, longue et pâle…

 

 

J’ai respiré à ton haleine

Un parfum de verveine,

 Et nos deux souffles mêlés

Me faisaient prisonnier.

 

 

J’ai enseveli mon visage

Dans l’écume de tes cheveux,

Et pour garder ton image,

Athée, j’ai prié tous les Dieux…



Par Gérard
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Samedi 18 août 2007 6 18 /08 /Août /2007 16:50
J'ai connu bien des vicissitudes, des souffrances morales et physiques, mais heureusement j'ai gardé mon âme d'enfant. Je fonds ou je m'extasie facilement devant le tendre et le beau, mais je m'indigne aussi vite et aussi fort que dans ma jeunesse devant les injustices et la bêtise humaine.
Une chose qui m'insupporte, l'inculture prétentieuse de certains journalistes, qui croient bon d'utiliser un sabir anglo-américain qu'ils croient "dans le vent". J'en ai entendu plusieurs parler d'un avion qui s'est "crashé". Oh ! Le vilain mot. Un avion peut tomber, s'écraser, s'abîmer, piquer, plonger, mais se crasher...
Puisque j'ai les journalistes dans le collimateur, continuons avec leurs cuirs, pataquès, lapsus et autres fautes langagières. Outre leur manie de "causer people", ils ont la mauvaise habitude de parler par euphémismes : les aveugles sont des mal voyants, les femmes de ménage des techniciennes de surfaces, les bêtes malades ne sont pas abattues, mais euthanasiées (alors, ça c'est très fort...)
Sans compter les expressions toutes faites et archi usées comme la cerise sur le gâteau ou les fines gâchettes.
La plus drôle étant sans conteste le ridicule mano à mano (d'où ça peut bien venir ?) peut-être inventée par Thierry Roland ?, marrante en tout cas quand elle s'applique aux footballeurs ou aux cyclistes.
Mais alors, ce qui me fait bondir, c'est quand j'entends : "un million de personnes est venu..."
Grammaticalement, ce n'est pas faux, mais ça m'écorche les oreilles, je préfère l'accord, selon le sens, avec le membre de phrase complet, qui mérite bien un pluriel, selon ce que les grammairiens appellent une syllepse : un million de personnes sont venues...
Par Gérard
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Samedi 18 août 2007 6 18 /08 /Août /2007 14:19
G--rard.jpg

Eh bien voilà, je viens de créer mon blog. Pourquoi faire, me direz-vous ? Pour me raconter, pour livrer un peu de moi (un tout petit peu, j'ai mon jardin secret...) jeter un regard sur le monde, lancer parfois un coup de gueule, écrire un poème, vous parler d’art ou de littérature, selon mes envies, enfin toutes ces choses là, quoi.



Ah, j'oubliais : vos commentaires seront les bienvenus, mais je me réserve le droit de ne pas les accueillir éventuellement, car j’invite qui me semble bon, surtout mes amis ! Mais si vos critiques sont amicales bien que douloureuses pour mon ego, je les accepte volontiers !

En outre je vous demande de me signaler mes fautes d'orthographe, j'ai horreur d'en laisser dans mes textes, et ça m’arrive parfois, malheureusement….

A bientôt, Gérard

 

Par Gérard
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C'est quoi, ce blog

Vous trouverez ici un jugement (très) sévère sur ceux qui nous gouvernent, et sur les médias qui manquent (souvent) d’impertinence à leur égard. C’est que je suis lucide et sans illusion sur la nature humaine. Mais vous trouverez aussi de la beauté et de la poésie, car je suis un incorrigible optimiste et plein d’illusions sur la nature humaine… (paradoxe ? où ça ?)

Laissez un commentaire : s’il est gentil et flagorneur, cela flattera mon ego, s’il est critique, ça me forcera à m’améliorer. Dans les deux cas, vous aurez fait une bonne action Gérard.

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De mes grandes douleurs, j'ai fait mes petites chansons. Henri Heine

cit. économiques

On ne fait pas la guerre pour se débarrasser de la guerre. Jean Jaurès.

Il n’est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Périclès

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