Lundi 21 avril 2008

Vu à la télé, il y a plusieurs jours, déjà, (Eh ! Oui, le temps passe de plus en plus vite…) quelques néologismes écrits sous forme de titres, en bas d’écran, qui m’ont, je dois le dire, littéralement sidéré :

On nous a présenté un « contre-plaquiste » et un « fait-diversier » ! Ces constructions prétentieuses sont d’une laideur affligeante et n’apportent rien de plus au menuisier qui fait du contre plaqué ou au journaliste spécialisé dans le fait-divers.

Si on y ajoute l’affreux « droit-de-l’hommisme », il ne nous reste plus qu’à créer une association de « pied-au-culteurs »…

Vous connaissez d’autres formules aussi moches?

 

par Fleur bleue publié dans : Langue
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Vendredi 18 avril 2008

PARTIR

 

Partir,

Comme il y a des hommes-hyènes,

Et des hommes-panthères,

Je serai un homme-juif,

Un homme-cafre,

Un homme-hindou-de-Calcutta,

Un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas.

 

L’homme-famine, l’homme-insulte,

L’homme-torture, on pouvait à n’importe quel moment le

saisir, le rouer de coups, le tuer – parfaitement, le tuer –

sans avoir de compte à rendre à personne, sans avoir

d’excuses à présenter à personne.

 

Un homme-juif,

Un homme-pogrom,

Un chiot,

Un mendigot,

Mais est-ce qu’on tue le Remords, beau comme la face

de stupeur d’une dame anglaise qui trouverait dans sa

soupière une tête de Hottentot ?

 

Extrait de Cahier d’un retour au pays natal, d’Aimé Césaire.

par Fleur bleue publié dans : Poésie
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Lundi 31 mars 2008

 


Le vieux tilleul

Dans le jardin

Est un aïeul

Plein de chagrin

 

L’effrontée merlette

Venue picorer

Quelques miettes

Éparpillées

 

Lieux quotidiens

Que la neige efface

Vous n’êtes plus rien

Qu’un peu d’espace.

 

par Fleur bleue publié dans : Poésie communauté : papierlibre
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Samedi 22 mars 2008

Passent les souvenirs anciens

Dans les eaux glacées de ma mémoire,

Ombres fuselées d’ophidiens

Sinuant des vieux grimoires…

 

Ils ont gelé, formant banquise,

Blocs jaunis aux reflets éburnéens,

Vieux souvenirs que je méprise,

Monstres endormis et marmoréens.

 

Je n’ai plus peur de vous

Je chante le bonheur et la joie

Je vous renie, souvenirs tabous,

Car mon avenir flamboie.

 

par Fleur bleue publié dans : Poésie
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Mercredi 19 mars 2008
Help ! Je demande une traduction, je ne comprends plus rien ! Comment peut-on considérer une déroute électorale, une branlée pour parler vulgairement, comme un encouragement à continuer, à persévérer dans l’erreur ?
Comment peut-on appeler réforme un retour en arrière ? Comment peut-on lutter pour le pouvoir d’achat en instaurant des franchises ? Comment défendre l’emploi en délocalisant ?
Ça doit être ça, le verlan ! J’ai enfin compris ! C’est la novlangue de Georges Orwell remise au goût du jour….
Et moi, pauvre bouffon, qui appelle un chat un chat, il faut que je me convertisse dare-dare à la langue de bois. Ça ne devrait pas être trop difficile, je n’ai qu’à écouter les annonces du gouvernement.
Mais attention à l’humour involontaire : sur FR3 (infos régionales du 18/3) on nous annonce que le sieur Kerviel, celui qui a endormi, piqué, volé, perdu, etc. 5 milliards, est sortie de prison par une porte … dérobée !
Eh ! oui ! Même la porte a été dérobée…
par Fleur bleue publié dans : Les aventures de Nénesse communauté : Rassemblement de gauche...
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Vendredi 14 mars 2008
Du 14 au 24 mars, c’est la semaine (sic) de la langue française. Il y aura, dans les grandes villes de France et de Navarre, différentes manifestations consacrées à cette langue, parfois si malmenée, y compris par ceux qui sont chargés de la faire connaître ou de la promouvoir, journalistes, écrivains, animateurs radio ou télé.
Elle est aussi souvent, hélas !, bousillée (il n’y a pas d’autre mot) par les « blogueurs » de tout poil sur Internet, qui ne font pas l’effort de se relire, ou même qui se foutent royalement de l’orthographe la plus élémentaire.
Trouvé ce matin, dans le quotidien régional « La Montagne », une phrase parlant de la sénateure Michèle André ! C’est pas beau, ça ? Inventer un joli féminin alors qu’il existe déjà sénatrice… Mais pourquoi pas alors sénateuse, pendant qu’on y est…
A contrario, et c’est paradoxal, ces mêmes journalistes refusent « mairesse », préférant utiliser la maire, arguant (à tort) que la mairesse serait la femme du maire. Mais, sans vouloir être désobligeant, l’ânesse n’est pas la femme de l’âne, elle est vraiment ânesse !
Voilà ce que je voulais te dire, ma princesse. Et un petit poème pour finir :
LA BALEINE
Quand la baleine
A de la peine
Un grand jet d'eau
Pleure à son dos
Et tant de larmes
Font tel vacarme
Que son chagrin
Soulève un grain
Et sa souffrance
Est si intense
Que ses sanglots
Salent les flots
Robert Vigneau
par Fleur bleue publié dans : Langue
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Samedi 8 mars 2008
PASSEURS DE POEMES…
 
L’autre, 1
Si je est un autre
De quel autre
Alors suis-je l’autre ?
 
L’autre, 2
Ce je qui est autre
Est-ce moi ?
Est-ce moi encore ?
 
L’autre, 3
Es-tu toi aussi
Es-tu autre ?
Es-tu, toi, une autre ?
 
Jacques Roubaud, pour le printemps des poètes 2008
par Fleur bleue publié dans : Poésie communauté : L'âme du poète
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Jeudi 6 mars 2008
A l'occasion du printemps des poètes, je voudrais vous faire partager un poème poignant, écrit par Bernard Mazo, paru dans l'Huma, et dédié au grand poète Palestinien Mahmoud Darwich :

L’ÉPÉE ET LA FLÛTE
 
À Mahmoud Darwich
 
On est passé de l’autre côté du mur
Sans vraiment s’en apercevoir
 
Ici tout est gris
Sous le ciel bas
 
Ici au cœur de ce champ de ruines
Où ne chantent plus la flûte des ancêtres
Ni le vent muet à travers les figuiers
L’espérance est exsangue
 
Ici les enfants se terrent
Sous les décombres
 
Ici à Gaza
Rien ne bouge
Rien ne respire
 
Que le vent aride du désert
Et cette lourde odeur de mort.
 
Bernard Mazo
 
 
par Fleur bleue publié dans : Poésie communauté : L'âme du poète
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Dimanche 2 mars 2008
Ils marchaient côte à côte dans la forêt, main dans la main, lui rêvassant, comme toujours, et elle d’un pas décidé.
C’était une femme dynamique, surnommée « Camille » comme sa mère, dont elle avait hérité du caractère bien trempé et de la sévérité. Elle n’avait peur de rien, souriait peu, toujours active, alors que lui, plutôt bonasse (ses amis l’appelaient Nounours, c’est tout dire !) craignait la violence sous toutes ses formes et accrochait un léger sourire à ses lèvres en permanence.
Il était un peu fatigué de cette marche, aurait bien voulu marquer une pause, s’asseoir dans son fauteuil préféré pour boire une bonne bière. Il avait un peu chaud et il n’aimait pas ça.
Elle, au contraire, semblait en pleine forme, et dégustait lentement, comme à son habitude, une tranche de pain d’épice.
Ils allaient souvent se balader ainsi, ils n’avaient pas de voisins et aimaient se retrouver en pleine nature voir les animaux sauvages.
Lui rêvait de choses folles, comme voir un dragon, un cyclope ou tout autre être fabuleux, et il aimait à croire qu’elle ne rêvait que de lui, si amoureux d’elle qui avait bouleversé sa vie, guérit ses cicatrices…
-« Fais gaffe à la racine ! » la prévint-il soudain. Il aimait bien parler argot, qu’il appelait « langage débraillé », sa mère le lui avait souvent reproché, elle si douce et si bien élevée.
Sa compagne s’arrêta enfin, voyant qu’il avait envie de s’asseoir un peu, et de sortir, comme il faisait souvent, un petit crayon et un morceau de papier pour écrire une pensée ou un bout de poème. Elle n’écrivait jamais, n’avait rien dans les poches, surtout pas les clefs qu’elle avait déjà perdues à plusieurs reprises !
Elle but un peu d’eau, s’allongea à ses côtés sur la mousse ; il la prit dans ses bras, ce n’est pas d’écrire qu’il avait envie...
Quand ils étaient amoureux, ils oubliaient le monde autour d’eux, et là, seuls dans la forêt, ils rêvèrent ensemble qu’ils tombaient, qu’ils tombaient, qu’ils tombaient…
par Fleur bleue publié dans : Poésie communauté : papierlibre
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Samedi 1 mars 2008
Le soleil éclairait ton épaule nue, tu me tournais le dos, occupée à une tâche ménagère où je n’ai pas le droit de t’aider.
Un papillon s’est posé délicatement sur ta peau ensoleillée, à la base de ton cou; agacée, tu as levé la main, en un réflexe mécanique, pour chasser l’importun.
J’en ai été chagriné, pire, je me suis senti blessé : ce papillon, c’était mes lèvres qui déposaient un petit baiser sur ton épaule nue…
par Fleur bleue publié dans : Poésie communauté : L'âme du poète
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C'est quoi, ce blog

Vous trouverez ici un jugement (très) sévère sur ceux qui nous gouvernent, et sur les médias qui manquent (souvent) d’impertinence à leur égard. C’est que je suis lucide et sans illusion sur la nature humaine. Mais vous trouverez aussi de la beauté et de la poésie, car je suis un incorrigible optimiste et plein d’illusions sur la nature humaine… (paradoxe ? où ça ?)

Laissez un commentaire : s’il est gentil et flagorneur, cela flattera mon ego, s’il est critique, ça me forcera à m’améliorer. Dans les deux cas, vous aurez fait une bonne action Gérard.

Je me présente

Citations poétiques


De mes grandes douleurs, j'ai fait mes petites chansons. Henri Heine

cit. économiques

On ne fait pas la guerre pour se débarrasser de la guerre. Jean Jaurès.

Il n’est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Périclès

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